A peine un jour après le départ des 3 blanbecks, nous avons « définitivement » quitté la Gold Coast sous la pluie et dans le froid (20°C !). Un départ précipité à cause de la proprio de notre colocation qui nous a laissé 15 jours pour quitter les lieux. A savoir que la proprio, la charmante et charitable Fay, était une vieille australienne névrosée complètement omnibullée par l’argent. A l’arrivée dans la maison, nous avons dû signer un règlement stipulant : « cette maison n’est pas un backpacker, rencontrez vos amis aux cafés du quartier », « il est strictement interdit de fumer à moins de 15 mètres de la maison » (littéralement ce qui signifie que les voisins n’ont pas le droit de fumer dans leur jardin), « il est interdit d’organiser des soirées » (même un simple BBQ ne lui plaisait pas !), « se débarrasser du sable avant de rentrer dans la maison en revenant de la plage» (ça bouche les canalisations !), « veiller à avoir un plein tambour avant de faire une lessive », « demander l’autorisation à la propriétaire avant de garer son véhicule dans le garage » ne pas faire ceci, ne pas faire cela et etc… etc… !!! Malgré toutes ces règles, on ne se privait pas d’organiser des soirées à son insu et de tout simplement respirer et profiter de la vie !!! Surtout qu’elle n’avait aucuns reproches à nous faire car la maison était toujours nickel même avec la présence de 8 colocs en même temps. Ce qui ne l’empêchait pas de faire ses visites matinales quasi-quotidiennes pour inspecter nos moindres faits et gestes et demander : qui a laissé sa tasse de café sur le comptoir, qui a fait tomber la note accrochée au mur, qui n’a pas rincer la douche derrière-lui, qui a laisser la fenêtre ouverte, etc… Heummmm, quel bonheur de se faire réveiller par sa douce voie… Donc ce qui devait arriver, arriva, on a dit ce qu’on avait à lui dire à propos de toutes ses règles débiles et ça ne lui a pas plu donc elle nous a virés de sa maison. Depuis, nous avons appris que nos 2 colocs brésiliens se sont fait jeter à leur tour. L’un parce qu’il a organisé un BBQ un dimanche après-midi dans le jardin pour fêter son anniversaire (il y avait 15 personnes il est fou !) et l’autre parce qu’il entretenait le potager de la proprio et qu’il voulait le faire façon bio alors qu’elle exigeait qu’il vaporise des insecticides. En désaccord, elle l’a mis aussi à la rue ! En remerciement pour cet « agréable » séjour dans sa maison, Fay mériterait bien quelques p’tites représailles mais en tant que gens un peu trop gentils, on s’abstiendra. Fin de l’aparté !
Le coffre plein à craqué, les niveaux de la voiture « checkés », tente 2 secondes achetés, carte routière et guides de voyage à portée de main… nous voilà donc quittant la Gold Coast décidés à aller s’installer sur Perth dans l’extrême Sud-Ouest de l’Australie à plus de 5000 bornes. Itinéraire planifié : emprunter la Pacific Highway en longeant la côte Est jusqu’à Sydney, continuer toujours le long de l’océan Pacifique Sud jusqu’à Melbourne puis finalement, ne plus se rendre sur Perth et faire demi-tour en direction du Queensland. Pourquoi ? Pour des raisons évidentes de climat hostile incompatible avec notre garde-robe estival. Et oui, nous avons vite réalisé que l’été était sur le point de se terminer dans la moitié sud de l’Australie et que plus on descendait dans le sud plus ça caillait… Donc, nous avons décidés de faire les visites incontournables dans les Etats du New South Wales et du Victoria et que par la suite nous irions nous mettre au chaud du côté de l’extrême nord du Queensland.
Trois jours après avoir quitter la Gold Coast, nous voici arrivés à Sydney sans logement un vendredi après-midi veille du concert historique d’ACDC !!! Objectif n°1 : trouver un McDo pour se dénicher un hébergement à prix cassé sur internet. Et comme très souvent, c’est quand on cherche quelque chose, qu’on ne le trouve pas. Résultat, nous suivions les panneaux de signalisation indiquant la « City » et nous nous sommes retrouvés en voiture nez à nez avec l’opéra de Sydney sur la baie !!! Ça, c’est fait ! Nous avons finalement trouvé notre McDo pour apprendre que le moindre backpacker/hôtel/camping miteux de Sydney était complet pour le week-end à cause du concert d’ACDC. Rrrrrrrrrr… comme quoi on aurait dû suivre les actualités locales ! On réussit tout de même à se dégoter un motel pour la nuit à 40 minutes de la ville puis pour des raisons évidentes, nous décidons donc de reporter notre visite de Sydney au lundi qui suit quand tous les fans d’ACDC auront quitté la city.
A 65 km de Sydney, à l’intérieur des terres, commencent les contreforts des Blue Mountains qui s’élèvent jusqu’à 1100 mètres d’altitude. La légère brume bleutée qui flotte au-dessus des vallées provient de l’évaporation des eucalyptus et donne son nom aux célèbres montagnes. C’est donc dans ce cadre majestueux que nous avons passé notre week-end faute de pouvoir rester sur Sydney. En suivant la Scenic Drive, nous avons pu admirer des paysages vertigineux depuis différents points de vue et nous immerger dans le bush le temps d’une ballade vers les Leura Cascades. La principale attraction des Blue Mountains est la formation rocheuse appelée les Three Sisters. Une légende aborigène veut que trois sœurs aient été transformées en pierre par leur père afin de les protéger des avances de trois jeunes hommes, mais le sorcier serait mort avant de pouvoir les désensorceler. Niveau hébergement, nous avons passé une nuit inoubliable dans un backpacker aux allures de Shining. Il y avait tout juste la place pour le lit double dans notre chambre toute minuscule. Je crois bien que la mansarde de Princesse Sarah était plus confortable…
Ressourcés, nous sommes de retour à Sydney en ayant pris soin de réserver 2 nuits en dortoir (chambre de 6 personnes avec lits superposés) dans le backpacker le moins cher de la ville situé à Bondi. En entrant pour la première fois dans la chambre ou plutôt dans la cellule, on tombe sur notre camarade de chambre qui était complètement à poil entrain de se changer. Les présentations sont faites ! Le soir même, on va se coucher et on surprend l’autre couple qui partageait la chambre avec nous en pleine action. Oups !!! Le lendemain, on fait la connaissance de notre dernier compagnon de cellule allongé sur son lit dans un sal état entrain de décuver de sa soirée et empestant l’alcool ingurgité la veille. Et je ne vous parle pas de la moquette qui puait la pisse, le couloir qui puait les pieds, du mec qui gerbe dans les chiottes pendant que vous êtes entrain de vous doucher, de la goutte au menton de Guigui, etc, etc… En résumé, un séjour dans un backpacker, c’est un grand moment de convivialité. Faute d’être charmant, c’est quand même bien marrant !!! De toute façon, avec les visites au programme, on n’y sera que pour dormir. Nous partons donc à la découverte du cœur de Sydney sous un soleil de plomb. Premières impressions : la ville est bruyante, il y a un nombre ahurissant de chinois et l’on entend parler français à tous les coins de rue. Comme Brisbane, l’architecture de Sydney est un mélange d’immeubles modernes et de bâtiments historiques de style victorien. Nous nous dirigeons vers la baie de Sydney Harbour en passant par Circular Quay, anse d’embarquement pour les ferrys et rive très animée où fourmillent restaurants chics et bars tendances avec vue sur la baie, les buildings et le Sydney Harbour Bridge. A cet instant, loin du bruit assourdissant de la circulation de Sydney et profitant du panorama, nous sommes conquis par le lieu. Un peu plus loin à l’extrémité de la jetée, se dresse le célèbre Sydney Opera House. Petite déception car on s’imaginait l’opéra plus imposant mais il est vrai que l’originalité de son architecture et son emplacement plutôt inédit en font un monument à ne pas rater. Nous filons ensuite nous balader dans le quartier historique des Rocks (lieu de résidence des premiers colons) où se tient un marché en plein air et où il y a un grand nombre de boutiques aux devantures anciennes ainsi qu’une quantité de pubs. Le tout donne aux Rocks un air de quartier à l’européenne. Après tous ces kilomètres parcourus dans le centre-ville, retour dans la localité de Bondi où se situe notre backpacker. Bondi est la reine des plages de la ville à seulement 15 minutes du CBD où se donnent rendez-vous tous les « djeuns » et travellers de Sydney. Autant dire tout de suite que la plage était bondi… euh bondée !!! Ah, ah ah, jeu de mot pourri !!! La plage en forme d’arc bordée par les commerces et habitations nous a rappelé la plage de San Sebastien en Espagne. Pour terminer la journée, nous sommes allés contempler de nuit le défilé illuminé du Nouvel an chinois dans les rues de Sydney.
Le lendemain, en overdose de visites, nous sommes allés nous relaxer à la plage de Manly pour la demi-journée après avoir déguster un breakfast en terrasse. Puis, nous nous sommes rendus à l’ouest de la ville à Darling Harbour, immense parc touristique aménagé le long de Cockle Bay où se trouvent marina, fontaines, sculptures, musées, aquarium, cafés, bars et restaurants ainsi que le monorail qui traverse les deux rives dans les airs. Enfin, nous avons terminé par une promenade dans le Chinatown au plus grand bonheur de GuiGui !
Notre troisième jour à Sydney a été expéditif car nous avions pas mal de route devant nous. Je tenais absolument à faire mon p’tit tour de monorail avant de partir. Donc nous avons garé la voiture à un bloc de la station, pris le chemin à pied du monorail et sommes tombés face à face avec un groupe de fans d’ACDC (portant fièrement leurs t-shirts du concert) qui nous ont lâché leurs tickets journée dont ils n’avaient plus l’utilité. Nous avons fait notre p’tit tour gratos d’une durée d’à peine 10 minutes et nous sommes retournés à la voiture pour quitter Sydney. Finalement, le concert d’ACDC n’aura pas eu que du mauvais !!!
S’il y a bien un lieu incontournable sur la côte entre Sydney et Melbourne c’est sans aucun doute Jervis Bay ! D’une beauté à couper le souffle, ce parc national bordé de plages paradisiaques est l’un des joyaux du New South Wales. Jervis Bay est réputée pour avoir les eaux les plus claires et les sables les plus blancs du monde. Pressés par la route, nous n’avons fait qu’une halte trop courte de quelques heures. On espère bien pouvoir y retourner lors d’un week-end pour prendre le temps d’apprécier ce site spectaculaire.
C’est donc sur la route de Melbourne que nous avons pris conscience que dans cette partie de l’Australie l’été touchait à sa fin. Après 2 nuits à littéralement crever de chaud dans le backpacker de Sydney, nous voici à dormir 2 nuits en caravane à se les geler comme jamais depuis que nous résidons dans l’hémisphère sud. Nous en sommes même venu à chauffer la caravane avec le four tellement qu’on se les caillait. Quasiment 3 jours de route et nous arrivions à Melbourne, capitale de l’état du Victoria. Cette fois-ci, pas de concert d’ACDC ni de manifestation particulière au programme, nous avons donc pu nous loger facilement dans un mobile-home pourri situé l’extérieur de la ville et secoué la nuit par les opossums. La visite de Melbourne a été bouclée en un peu plus d’une demi-journée. L’architecture de la ville est le reflet de son multiculturalisme : les immeubles de style victorien côtoient les buildings et les constructions futuristes. Les voitures doivent partager les rues de la ville avec les tramways. Il est fréquent de devoir rouler sur leurs rails et d’atteindre que le feu passe au vert derrière un tramway. C’est un peu perturbant les premiers kilomètres. Melbourne est une capitale pleine de vie où il se passe toujours quelque chose. Comme toutes les grandes villes d’Australie, les plages ne sont pas très loin du CBD. Nous avons donc fait un détour par le quartier branché de bord de mer de Saint Kilda, banlieue animée très charmante. La plage principale de Melbourne n’est néanmoins pas très attrayante ressemblant plutôt à un grand marécage nauséabond.
Le lendemain nous quittions Melbourne en direction du sud/ouest et de la Great Ocean Road. Surnommée « the Great Bitumen Sea Snake » (le grand serpent de mer en bitume), cette route légendaire zigzague le long de vertigineuses falaises creusées par les vagues et les marées surplombant d’immenses plages océaniques. D’une distance d’environ 300 km, la route touristique longe quantités de points de vue insolites dont l’incontournable panorama des 12 apôtres ; formations rocheuses isolées au milieu des flots et érodées par l’océan au cours des siècles. Malheureusement, nous n’avons pas pu pleinement profiter de notre escapade un brin gâchée par la pluie et les nuages mais l’observation sur la route de koalas à l’état sauvage nous a vite consolés. J’ai envie de vous dire qu’il était temps d’en apercevoir car nous commencions à se demander si les koalas en liberté sur les terres australiennes n’étaient pas un mythe pour attirer les touristes. Parce qu’en 6 mois d’excursions, de trajets en voiture et de ribambelle de panneaux de signalisation avertissant de la présence des koalas, nous n’avions toujours pas eu l’occasion d’en entrevoir un seul dans la nature. A présent, c’est enfin chose faite !
Refroidis par des températures dignes d’un mois d’octobre, c’est à l’occasion de cette journée sur la Great Ocean Road que nous avons eu la certitude qu’il était temps pour nous de faire demi-tour et d’aller très vite se mettre chaud dans la ville de Cairns située dans l’extrême Nord du Queensland à 1800 km de la Gold Coast. Après une étape repos de 5 jours à Miami Beach, notre ancien lieu de résidence fixe, nous avons repris la route pour quelques jours supplémentaires afin d’atteindre notre nouvelle destination. Au fil des kilomètres, les paysages étaient de plus en plus tropicaux et la chaleur devenait limite étouffante. Nous avons passé notre première nuit à Rockampton « capitale nationale du bœuf », l’incarnation de la ville rurale australienne où l’on compte plus de 2 millions de vaches dans un rayon de 250 km alentour. Nous en avons donc profité pour déguster une bonne viande rouge au Great Western Hotel, pub-restaurant tout droit sorti d’un western.
Le lendemain, changement de cadre pour une nuitée en tente à Airlie Beach, porte d’entrée des Whitsunday Islands. Sorte de Tahiti australienne, cet archipel d’îles paradisiaques est bordé d’eaux turquoises et des récifs de la Grande Barrière de Corail. Pour l’heure, nous n’avons pas les moyens, ni le temps de partir en excursion à bord d’un voilier mais ce n’est juste qu’une question de patience… En arrivant à Airlie Beach, nous avons piqué une tête au lagon (genre d’immense piscine gratuite) dans l’intention de nous rafraichir. Objectif raté car l’eau était encore plus chaude que la température extérieure. Dans notre camping, nous avons fait la rencontre nocturne d’un opossum gentiment planqué dans la cuisine commune. On s’en ai approché juste le temps de prendre la photo souvenir !
Après une étouffante nuit en tente et un réveil au bord de l’asphyxie, il ne nous restait qu’une journée de voyage en voiture à traverser les immenses champs de cannes à sucre avant d’atteindre Cairns. Deux heures avant la ligne d’arrivée, nous nous sommes arrêtés à Mission Beach pour nous donner un avant-goût des plages sur lesquelles on va pouvoir lézarder au soleil dans la région. Autant dire que nous ne sommes pas déçus du petit aperçu. L’océan est brulant, la plage est bordée de cocotiers et de palmiers et la forêt tropicale flotte littéralement sur l’eau au large. Seul hic, la baignade est strictement interdite en raison de la présence des Saltwaters (crocodiles d’estuaires) et d’espèces de méduses pouvant être mortelles pour l’homme ! Heureusement, les australiens ont prévu le coup et ont aménagé des zones de baignade protégées par des filets. Ce coup-ci, pas le temps de poser la serviette et de jouer avec un croco car nous devons être sur Cairns avant la tombée de la nuit.
Après avoir parcouru 7000 km au total (nous avons fait quand même un très grand détour par le sud!), nous voici enfin arrivés à Cairns, ville où l’on prévoit de s’installer pour nos derniers mois en Australie. Tout est à refaire : recherche de colocation et distribution de CV. Mais pour l’heure, on va se reposer de notre long voyage dans un p’tit bungalow plutôt coquet !
Epilogue bison futé :
Le plus grand paradoxe de l’Australie est la très grande pauvreté des infrastructures autoroutières. Pour un pays qui fait 14 fois la France, l’Australie ne possède aucunes autoroutes hormis aux abords des capitales et le tronçon reliant Melbourne à Sydney par les « terres ». Le réseau routier australien est donc composé quasi-exclusivement de routes nationales traversant champs, plaines, forêts d’eucalyptus, villes mortes ou le néant !!! Il faut également être très prévoyant pour le carburant car les stations services sont parfois une denrée rare et il serait con de se retrouver en panne d’essence au milieu de nulle part et finir manger par les kangourous (surtout que nous avons déjà une anecdote pas très glorieuse à ce niveau là !!!) Les distances à parcourir entre les capitales sont décuplées et il faut conduire en prenant soins d’éviter les kangourous morts écrasés au bord de la route, les énormes nids de poule et les camions « over-size » roulant à grande vitesse. Les trajets ne sont pas de tout repos mais cependant, ils sont loin d’être soporifiques ! Par contre, le point plus que positif pour notre porte-monnaie est que toutes les routes sont totalement gratuites. Pour conclure, il s’agit là d’un constat relatif à l’état des routes de la côte Est (territoire le plus peuplé d’Australie) ce qui nous permet de prendre conscience que l’on ne s’aventurera pas dans l’Outback (cœur rouge de l’Australie) avec notre Toyota Commodore.

